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INOHA : Nadège Taty, « la transposition méthodologique utilisée dans ma recherche est une innovation dans la lutte contre le choléra »

La restitution des travaux de la thèse du docteur Nadège TATY intitulé, diagnostic des vulnérabilités territoriales et gouvernance des maladies infectieuses dans les pays à ressources limitées, cas des épidémies de choléra en RDC a eu lieu ce vendredi 13 mars.

Défendu en novembre dernier à l’Université Paul Vallery Montpellier 3 en France, l’Institut One Health pour l’Afrique (INOHA) a tenu à organiser cette restitution à Kinshasa pour partager les résultats de recherche de cette étude avec la communauté scientifique, les décideurs ainsi que tous les acteurs impliqués dans la lutte contre les différentes épidémies qui sévissent actuellement.

Présent à cette activité, le Directeur Général de l’INOHA le professeur Jean Jacques MUYEMBE a avant tout féliciter Nadège TATY pour ce brillant travail, avant d’exhorter tous les apprenants présents dans la salle de s’en inspirer.

« Le plus grand travail commence après la thèse. Ce qui compte, c’est ce qu’on va faire après la thèse. Madame Nadège, continuez toujours à beaucoup travailler pour être utile à votre pays », a déclaré le Professeur Muyembe.

 Pour sa part, Nadège Taty s’est dite honorée et émue par le nombre de personnes présent à cette cérémonie. S’agissant de du choix sur le choléra, elle a expliqué que la RDC est l’un des pays le plus touché par le Choléra alors qu’elle est la première nation à avoir cru à l’éradication de cette maladie en mettant en place un plan multisectoriel de lutte contre le choléra. Ce plan a inspiré beaucoup de pays, malheureusement la RDC qui en est le géniteur peine à éradiquer cette épidémie, d’où la raison de sa recherche qui se devait de chercher des facteurs qui font que le choléra persiste malgré la mise en place des stratégies efficaces.

« Pour que le choléra soit éradiqué en RDC, nous avons recommandé au gouvernement congolais de s’approprier cette lutte, parce que les activités menées sont essentiellement axées sur l’urgence mises en place par les acteurs non gouvernementaux.  Et portant, ces acteurs ont des domaines et seuils d’interventions bien déterminés en fonction de leur mission et objectifs. Ils ne peuvent donc pas avoir une vision globale de la lutte. Vision que seul le gouvernement doit posséder pour mettre en place les actions multisectorielles et les ressources nécessaires pour éliminer le choléra en gérant les épidémies de manière globale, c’est-à-dire avant le choléra, pendant l’urgence et après les épidémies », a recommandé Nadège Taty.

Signalons qu’à la différence des études menées précédemment sur le choléra, celle de Nadège Taty repose sur une approche transdisciplinaire qui associe les outils et méthodes de plusieurs disciplines comme l’écologie, l’épidémiologie, la géographie et l’anthropologie. Mais la plus grande innovation de cette étude reste la transposition méthodologique. Cette jeune professeure s’est focalisée sur la géographie des risques dits naturels soit, celle qui gère les catastrophes naturelles telles que les inondations et les volcans, en recourant aux outils et méthodes utilisés pour gérer ces genres de risques en mettant en place des systèmes d’alerte précoce afin de les transposer et les adapter dans la gestion des épidémies du choléra. Bien que développé pour le choléra, ce modèle pourrait également servir pour d’autres types d’épidémies.